Petits radis

Quand l’entreprise devient un terreau pour l’entrepreneuriat

07.01.20
Jeune entreprise fondée en 2017, Les Petits Radis propose tous les mois aux enfants des kits comprenant du matériel, des graines et tout ce qu’il faut pour leur donner envie de cultiver eux-mêmes leurs légumes. L’objectif de ses deux fondateurs, Karina DELPIERRE et Arnaud LEMAY : familiariser les plus jeunes avec le jardinage et les reconnecter à la nature et à la Terre. Passée du statut de salariée à intrapreneur, Karina Delepierre nous partage son expérience.
 

Comment vous est venue l’idée des Petits Radis ?

Les Petits Radis sont en fait issus d’un Start-Up Weekend (1) organisé par ADEO, notre employeur. Arnaud et moi travaillions dans le même groupe et nous cherchions à rendre le potager accessible à tous. Bien que motivés à l’idée d’avoir un potager, beaucoup de gens ne savent pas forcément comment s’y prendre et sont en demande pour être guidés.
 
Par ailleurs, il faut savoir qu’aujourd’hui, 25 % des enfants ignorent que la frite provient de la pomme de terre … Les plus jeunes sont déconnectés de la nature, alors que son contact a énormément d’effets bénéfiques sur leur développement et leur créativité. À l’issue de ce weekend, nous avons obtenu le prix du développement durable et cela nous a motivés à poursuivre le projet.
 

Vous avez donc initié votre projet tout en travaillant chez ADEO ?

Oui, à l’issue du Start-Up Weekend, nous étions les seuls à nous lancer dans la phase de réalisation du projet. Cela a fait de nous des sortes de cobayes de l’intrapreneuriat au sein d’ADEO, qui nous a accompagné avec une équipe dédiée à l’innovation. Pour monter efficacement le projet, Arnaud a été libéré à plein temps et j’ai été libérée à mi-temps, tout en restant tous deux salariés de Leroy-Merlin et d’ADEO respectivement.
 
Depuis la création de l’entreprise en 2017, nous sommes devenus indépendants et ne travaillons plus pour ces deux entreprises.
 

Avez-vous été confrontés à des difFIcultés particulières ?

Comme tout entrepreneur, un intrapreneur fait face à des difficultés. Par chance, en plus de l’accompagnement fourni par ADEO, nous avons été incubés chez EuraTechnologies (2). Nous avons donc pu profiter de bonnes pratiques à la fois chez ADEO, et de formations spécifiques sur l’entrepreneuriat grâce à l’incubateur, qui a été d’une grande aide.
 

Si c’était à refaire, vous vous lanceriez à nouveau dans ce challenge ?

L’entrepreneuriat n’est pas forcément une chose facile, mais lorsque qu’un individu travaille sur un projet qui lui vient du coeur, et qui est aligné avec ses aspirations, il se sent vivre pleinement.
Par ailleurs, pour devenir acteur du changement il faut oser sauter le pas de l’intrapreneuriat. Le salarié a lui aussi sa responsabilité personnelle envers son territoire et son environnement. Il ne faut pas se limiter à être un acteur d’une organisation sur laquelle toute la responsabilité repose.
 
D’autant plus, en termes d’environnement, on a tendance à attendre que la prise en compte du développement durable par les entreprises change le monde, mais comme le dit Gandhi, « soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ».
 
(1) Start-Up Weekend : 54 heures pour imager et créer une start-up en équipe, à partir d’une idée. Le concept est de réunir des développeurs, des graphistes, des artistes, des entrepreneurs, des as du marketing, des administrateurs systèmes … et de les faire travailler ensemble durant tout un week-end.
(2) EuraTechnologies : Pôle d’excellence et d’innovation dédié au numérique de la Métropole européenne de Lille. Il réunit une communauté de 300 entreprises tech, 200 start-up, labos, écoles, fablab et investisseurs.